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Élève de sa classe en 1943 au groupe scolaire publique de Segré dirigé par Monsieur BRIALY, (Souvenirs, souvenirs, ma mémoire fait un peu défaut, je m'en excuse, cela fait 59 ans), j'avais 9 ans, comme tous mes camarades de classe, comme vous les enfants aujourd'hui.
La récréation terminée, nous étions tous rassemblés dans la cour, sous le préau, afin de rejoindre nos classes respectives. Notre instituteur, Monsieur BROSSARD, était dans le couloir surplombant la cour.
De cette cour où nous étions encore rassemblés, j'ai vu, nous avons vu, deux hommes en civil (la gestapo) s'approcher, encadrer notre instituteur. C'était le 4 juin 1943. Monsieur BROSSARD comprenant ce qui se passait a couru tout le long du couloir, a brisé la vitre de la porte du fond de ce couloir afin de s'échapper. Mais tout était prévu pour son arrestation. Côté route, à la grande porte, des soldats en arme l'attendaient et il n'a pas pu s'enfuir.
De retour dans la classe, un instituteur est venu pour nous dire « vous n'avez plus votre instituteur ».
Si je peux personnaliser mon propos, je me souviens avoir regardé son bureau, sans comprendre le pourquoi de ce départ mouvementé. Notre instituteur a été torturé à mort.
Aujourd'hui ses restes sont ensevelis au cimetière de Noyant la gravoyère. C'est pourquoi votre école porte le nom de René BROSSARD.
Si vous allez sur sa tombe, ce dont je vous encourage, recueillez vous. Cet homme a donné sa vie afin de lutter contre l'occupant nazi pour qu'aujourd'hui nous soyons, vous soyez tous libres.
Nous avons, vous avez un devoir de mémoire envers toutes ces femmes et tous ces hommes qui, au péril de leur vie, ont permis à notre patrie, à notre république, de se libérer du joug nazi et de vivre non plus opprimés mais libres.
59 ans ont passé, je me souviens, je revendique ma part d'émotion.
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